Depuis 1949, au lieu-dit Moulin-Neuf, à Saint-Antoine-Cumond, on tricote le fil de coton et on réalise des sous-vêtements et divers habits.
Si en plus de 60 ans, l'entreprise a changé plusieurs fois de nom et de statut, l'envie de bien faire et le savoir-faire des ateliers n'a pas varié, malgré les crises qui ont pu secouer l'industrie du textile.
En septembre 2010, un couple de Parisiens, Franck Sordat et Imke Wintzer ont racheté le fonds de commerce de la Compagnie du Textile, le nom que portait l'usine à l'époque et après les difficultés de la coopérative ouvrière.
Bien décidés à perpétuer le savoir-faire de la marque, ils ont lancé Moulin Neuf Textiles SARL, avec Franck Sordat au poste de directeur général.
« Il y a une part de hasard dans cette aventure, confie-t-il. Nous étions tous les deux consultants en région parisienne et pour des raisons familiales nous avons déménagé en Dordogne. Nous voulions reprendre une entreprise quel que soit son domaine d'activité. »
Une bonne image de marque
Une alerte sur Internet va conduire le couple jusqu'à Moulin-Neuf où ils ont découvert l'atelier de fabrication et les machines uniques de tricotage du fil. « J'ai toujours adoré la couture et j'ai une vraie connaissance dans ce domaine. Nous avons eu un coup de cœur pour ce patrimoine industriel. On trouvait dommage de devoir vendre ou perdre tout cela. Il y avait une équipe motivée, d'une grande compétence et qui croit encore au développement en France. Sa motivation a été déterminante dans notre décision », raconte Imke Wintzer, directrice commerciale mais aussi très impliquée dans la création des modèles de vêtements.
Déterminé à faire vivre ce savoir-faire textile 100 % français et a perpétuer la bonne image de marque des sous-vêtements Moulin Neuf, le couple s'est donc lancé dans l'aventure qui n'était pas forcément facile au début.
« La première année, le prix du coton a flambé, se souvient Imke Wintzer. Mais petit à petit, on a récupéré des clients et nous avons redressé la barre. Notre premier objectif était d'assainir cette entreprise et au final nous avons engagé six ouvrières de plus. Aujourd'hui, nous avons onze salariés et quatre représentants commerciaux ».
Des pièces plus modernes.
À la frontière de la Charente, l'usine et ses petites mains, dont certaines ont plus de trente années d'expérience dans la couture, continuent donc à confectionner les sous-vêtements de la marque Moulin Neuf. « Nous ne touchons pas à notre gamme traditionnelle Moulin Neuf, Les Authentiques, qui existe depuis 1949. La clientèle veut ses produits avec un tissu lourd, aux coupes classiques, longues et agréables, avec une qualité de coton, détaille Imke. Mais nous allons aussi proposer quelques pièces différentes, plus modernes. »
L'entreprise est également partie sur d'autres axes de travail comme le conseil pour le développement des produits et les contacts avec les créateurs.
Actuellement, elle contribue à la réussite du Slip Français, une nouvelle marque de sous-vêtements « tendance », commercialisée sur Internet et exceptionnellement dans le magasin d'usine à Saint-Antoine-Cumond. Le magasin propose d'ailleurs tous les articles fabriqués à l'usine. « Nous devons recevoir un appel par jour pour du conseil autour du développement de produits textiles. Actuellement, nous travaillons pour des Japonais », détaille Imke.
« Il y a vraiment une bonne image du made in France. Même si les coûts de production sont différents. Si comme d'autres nous avions fait le choix de la délocalisation, nous pourrions payer plus de 30 petites mains chinoises avec le salaire d'une seule de nos couturières. Mais on sait bien que cette économie se fait toujours aux dépens de la qualité du produit fini. Les créateurs retrouvent le sens et la valeur du fabriqué en France, et ça, c'est de très bon augure pour notre développement. Nous maintenons aussi l'emploi en France, en zone rurale, et c'est essentiel pour notre économie », explique Franck Sordat.
Un site Internet interactif
Parmi les autres axes de développement, on compte un projet avec la créatrice périgourdine Lola Jeannel pour une nouvelle marque, mais aussi une boutique en ligne ou encore la création d'un site Internet interactif permettant à l'internaute de créer et de personnaliser en ligne ses vêtements et sous-vêtements. Parallèlement, grâce aux métiers à tricoter qui produisent à la taille le tricot 100 % coton, la société espère pouvoir prochainement vendre du tissu en grande quantité aux professionnels.
Aujourd'hui, les textiles de Moulin Neuf sont présents dans une centaine de boutiques en France. La directrice commerciale souhaiterait également s'orienter vers l'export.
« Nous aimerions aujourd'hui faire tourner un peu plus l'outil avec un effectif de 20 personnes. L'atelier de tricotage peut fabriquer plus. Nous avons produit 15 tonnes de tissu en 2011, soit cinq fois plus qu'en 2010, et nous comptons en produire encore le double en 2012, avec pour objectif financier le million d'euros de chiffre d'affaires en 2013 », assure Imke Wintzer.
Moulin Neuf Textiles SARL, 05 53 90 77 77. www.moulinneuftextiles.com
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